Depuis son succès inaugural, la nuit du 21 au 22 mars où fut renversé presque sans difficulté le président Amadou Toumani Touré, l'échec est la marque de fabrique de la junte.
Les officiers subalternes, sous-officiers et hommes du rang qui composent le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat (CNRDRE) avaient d'abord tenté d'habiller leur coup d'Etat en sursaut national face à la rébellion dans le nord si lointain. L'armée aurait souffert de manque de matériel. En réalité, ils négligeaient de mentionner que personne, dans les troupes originaires du sud, ne souhaite se battre dans le septentrion. Côté rebelles comme côté loyalistes, ce sont des touareg qui faisaient la guerre. Une guerre perdue peu à peu par l'armée malienne.
L'ARMÉE CÈDE SUR TOUS LES FRONTS
En fait de sursaut national, les putschistes président à un effondrement. L'armée cède à présent sur tous les fronts, et l'organisation des Etats de la région, la Cédéao, a décrété, lundi 2 avril, un embargo total contre le Mali, qui prévoit à la fois la fermeture des frontières de la région pour les marchandises (dont le carburant), la paralysie du système bancaire et d'autres mesures qui devraient rendre la situation intenable au Mali en quelques jours.
Ces mesures seront appliquées avec rigueur : les frontières ont déjà fermé et des instructions ont été données à la Banque centrale pour commencer à geler ses activités. La junte vient d'entraîner le Mali dans un blocus avec seulement cinq à six jours de réserves de riz.
Source : le monde